Les Indiens des Plaines.
Des chasseurs de bisons aux
"Indiens des Réserves et des villes"
Texte Danièle VAZEILLES*
Photos Luc Kramarz
LES INDIENS DES PLAINES AUTREFOIS
La présence d'hommes dans les Plaines date d’environ
11 000 ans. Les Indiens des Plaines proprement dits n'arrivèrent
que récemment sur ces immenses étendues, territoires des bisons. A l'époque
de Christophe Colomb, il y aurait eu quelques 150 000 Indiens des
Plaines.
Les Indiens du Haut Missouri étaient des tribus d'horticulteurs
semi-sédentaires, cultivant le maïs, les haricots, les cucurbitacées,
autour de leurs villages fortifiés. Cependant, la plupart des tribus des
Plaines étaient des nomades, se déplaçant périodiquement à la poursuite
du gibier, tout particulièrement les bisons, et en guerre sporadique avec
leurs voisins ; ils vivaient dans des tentes coniques en peaux appelées
tipis, terme sioux désignant les habitations.
La chasse aux bisons
Toutes ces tribus dépendaient de la chasse aux bisons
ou buffalos dont on estime qu'environ soixante millions parcouraient les
prairies, des Appalaches aux Montagnes Rocheuses.
De nombreuses légendes présentent les bisons comme étant
les représentants de certaines divinités qui les auraient placés sur terre
pour aider les peuples indiens à mieux vivre. Des visionnaires indiens
spécialisés connaissaient les chants et les danses sacrés qu'il fallait
accomplir pour assurer leur retour périodique et une chasse abondante.
Par ailleurs, le crâne de bison est considéré comme étant un des objets
les plus sacrés toujours utilisés dans bon nombre de cérémonies religieuses
contemporaines.
Prophétie du Cheyenne Sweet Medicine
" Maheo, le Créateur, prit de la boue
et modela une personne, puis il souffla dans sa bouche ce qui lui donna
la vie. Autrefois les Cheyennes vivaient sous terre dans une grande caverne,
quand un jour ils aperçurent la Terre au loin. Ils découvrirent une ouverture
et sortirent sur la Terre..(...)
" Des temps vont venir où beaucoup de
choses changeront. Des étrangers appelés "Hommes de la Terre" s’installeront
parmi vous. Leur peau est claire et leurs manières sont puissantes. Leurs
cheveux sont coupés courts et ils ne parlent pas une langue indienne.
N’imitez rien de ce que font ces hommes mais conservez vos propres usages,
tels que je vous les ai enseignés, aussi longtemps que vous le pourrez.
" A la fin, le bison disparaîtra, et un
autre animal prendra sa place, un animal avec une longue queue et des
sabots fendus et dont vous devrez apprendre à manger la chair. Mais avant,
il y aura un autre animal que vous devrez apprendre à utiliser. Il a un
cou couvert de longs poils et une queue qui touche presque le sol. Ses
sabots sont ronds. Cet animal vous portera sur son dos et vous aidera
de multiples façons. Les collines éloignées qui semblent être qu’une vision
bleue dans le lointain sont aujourd’hui à plusieurs journées de voyage ;
mais avec cet animal, vous y serez en un court instant. Aussi, ne le craignez
pas, souvenez-vous de ce que j’ai dit."
Les chevaux et les changements culturels
Les chevaux ont été amenés sur le continent américain
par les envahisseurs occidentaux. La rencontre des Indiens avec les chevaux
transforma grandement leur mode de vie et leur économie. Entre 1720 et
1784, les chevaux firent leur apparition dans les Plaines du Nord. Et
les bisons purent enfin être chassés par des cavaliers rivalisant de vitesse
avec ces lourds mais rapides ruminants. La chasse devint très efficace...
Les chevaux devinrent rapidement un signe de richesse, de gloire et de
puissance. Donner des chevaux aux indigents c’était faire preuve des plus
hautes qualités des guerriers et chasseurs, et un des meilleurs moyens
pour acquérir prestige et gloire.
Cependant, les chevaux ne changèrent pas complètement
leur mode de vie. Les Indiens semi-sédentaires et horticulteurs le restèrent,
tout en devenant souvent d' excellents maquignons. Les échanges intertribaux
prirent une plus grande ampleur. L'adoption des armes à feu, des outils
et surtout des ustensiles de cuisine métalliques ne fit qu'encourager
ces tribus dans leur nouveau mode de vie exaltant puisque basé sur une
indépendance réelle vue leur mobilité et la richesse qui en résultait.
LES CHEYENNES
Les CHEYENNES (ce nom dérive du sioux Sahiyela =
"ceux qui parlent une langue étrangère", leur nom en cheyenne Tsistsista
signifie "le peuple") parlent une langue algonquine. Lors de leur
première rencontre avec les Blancs au Minnesota en 1640, où ils habitaient
dans des habitations en bois et terre ressemblant à celles des Mandans,
les Cheyennes étaient des agriculteurs. Ils émigrèrent rapidement vers
l'Ouest et firent partie des tribus d'horticulteurs du Haut Missouri.
Dès 1760, ils obtinrent les chevaux. Vers 1830, ils sont devenus des nomades
à part entière, des chasseurs de bisons, habitant dans des tipis, se déplaçant
dans des travois tirés par des chevaux dans les plaines du Montana, du
Wyoming et du nord-ouest du Nebraska. Les Cheyennes furent les ennemis
des Pawnees, des Kiowas, des Crows et des Comanches et les alliés des
Sioux, avec qui ils combattirent contre le Général Custer. Leurs rencontres
avec l'armée des Etats-Unis furent ponctuées par des événements tragiques
de 1857 à 1879, avec deux épisodes particulièrement sanglants : la
bataille de Ash Hollow en 1855 et surtout l'horrible massacre de Sand
Creek en 1864 par les miliciens du Colorado sous les ordres du colonel
Chivington. En 1868, le général Custer attaqua gratuitement le camp des
Cheyennes pacifiés du chef Black Kettle (Chaudron Noir) qui fut tué alors
qu'il agitait un drapeau blanc. Le gouvernement américain voulut contraindre
les Cheyennes du Nord à s'installer en Oklahoma. Ils ne le supportèrent
pas. En été 1878, sous la conduite des chefs Dull Knife (Couteau Ebréché)
et Little Wolf (Petit Loup), 300 Cheyennes prirent les pistes menant au
Nord. Leur voyage ne fut qu'une suite de combats et de fuites jusqu'à
ce qu'ils se rendent. En janvier 1879, encadrés par l'armée des Etats-Unis
qui les ramenait en Oklahoma, ils se révoltèrent une dernière fois :
64 furent tués, 78 capturés et le reste s'échappa vers leurs anciens territoires.
Le Gouvernement fédéral peu de temps après installa les fuyards dans une
réserve limitrophe de celle des Crows. Les Cheyennes pratiquent toujours
la Danse du Soleil. Leur plus importante cérémonie dite Renouveau de la
Flèche sacrée a lieu une fois par an. Environ 3 000 Cheyennes du
Nord vivent dans la réserve Northern Cheyenne au Montana et les Cheyennes
du Sud (1 500) cohabitent avec les Arapahos en Oklahoma.
LES CROWS
Les CROWS (Absarokas, "corbeau") parlent une langue
siouane apparentée à celle des Hidatsas avec qui ils eurent autrefois
d'étroites relations. Ils étaient divisés en trois groupes principaux
(River Crows, Mountain Crows et Kicked-in-their-bellies) subdivisés en
13 clans matrilinéaires. Les Crows pratiquent une Danse du Soleil pendant
laquelle une poupée sacrée joue un rôle important. Ils font aussi une
cérémonie importante au moment de la récolte du tabac dont sont responsables
les membres de la "Société du Tabac". L'artisanat des femmes crows (qui
avaient la réputation d'être très belles) et des hommes étaient particulièrement
renommés. Alliés des Hidatsas et des Mandans, ils combattirent souvent
les Cheyennes, les Arapahos, les Blackfeets et tout particulièrement les
Sioux qui venaient régulièrement leur voler leurs chevaux. Ils furent
toujours amicaux avec les Blancs. Des Crows servirent d'ailleurs comme
éclaireurs avec l'armée américaine, en particulier à la bataille de la
Little Big Horn. Peuple élégant et élancé, les Crows habitaient les Etats
du Montana et du North Dakota. En 1780, ils étaient environ 4 000,
ce qui correspond à leur population à l'heure actuelle.
Les Crows contemporains sont très actifs et organisent
chaque année plusieurs événements festifs qui attirent de nombreux touristes
indiens et non indiens. Pendant le Crow Fair and Rodeo, en août,
chaque famille crow s'installe dans un tipi de toile, et la vallée ombragée
par des peupliers de la rivière Little Big Horn, au pied des collines
où les soldats du général Custer trouvèrent la mort, abrite plus d'une
centaine de tipis. Ils participent activement au festival All-American
Indian Days, à Sheridan au Wyoming, pendant lequel est élue la Miss
Indian America. Choisie pour ses talents et connaissances traditionnelles,
cette "Reine Indienne" passe l'année à visiter de nombreuses réserves
et collectivités locales pour promouvoir l'héritage amérindien.
LES SIOUX
LES SIOUX LAKOTAS ET DAKOTAS(Sioux vient de la contraction
d'un nom algonquin francisé par les trappeurs français nadowesiou,
signifiant"ennemi, serpent venimeux"). Les Sioux parlent une langue siouane.
Vers 1600, leurs ancêtres habitaient la région des Milles Lakes au Minnesota ;
ils se désignaient par l'appelation les "Sept Foyers du Conseil" et étaient
divisés en sept tribus : trois se regroupaient sous le nom de Santees
et parlaient le dialecte dakota, deux sous le nom de Wiciyela
parlant le nakota, mais la plus grande division, les Teton
ou "Sioux de la Prairie", parlait le lakota et se subdivisa rapidement
en envahissant les prairies en sept tribus : Oglala, Sicangu ou Brule,
Minnicojou, Hunkpapa, Oohenunpa ou Two Kettles et Itazipco ou Sans Arc
et Sihasapa ou Blackfoot Sioux (à ne pas confondre avec la Confédération
des Blackfeet de langue algonquine). Les Tetons Sioux commencèrent leurs
migrations vers l'Ouest après que les Crees et les Ojibwas eurent obtenu
des armes à feu. Dès le milieu du I8e, les Sioux devinrent les maîtres
des plaines des Nord et Sud Dakotas, du nord du Nebraska et de l'est du
Wyoming grâce aux chevaux que, d'après les légendes, ils rencontrèrent
chez les Cheyennes.
Les Sioux furent sans doute les plus belliqueux des
Indiens des Plaines, avec les Blackfeet, et combattirent toutes les tribus
sauf les Cheyennes et les Arapahos dont ils étaient les alliés. Par ailleurs,
si les Sioux firent alliance avec les trappeurs et les coureurs des bois
solitaires, ils harassèrent constamment les grands convois de chercheurs
d'or et d'émigrants en route pour la Californie. Les raids dirigés par
le chef Red Cloud, un Sioux oglala, contre les convois de wagons, continuèrent
jusqu'en 1868 quand fut signé le traité de paix de Laramie. Quelques années
plus tard, eurent lieu les guerres indiennes, et l'on se souvient encore
des noms des grands leaders sioux : Red Cloud, Crazy Horse, Sitting
Bull, Gall, American Horse, Young Man Afraid of Horses ; et des plus
célèbres batailles : la bataille de la Little Big Horn contre le
général Custer, le massacre de Fetterman et le massacre de Wounded Knee.
En 1870, leur nombre était estimé à 25 000. Actuellement, quelques
40 000 Sioux (ce qui en fait la deuxième tribu des Etats-Unis) vivent
dans plusieurs réserves des Nord et Sud Dakotas et au Saskatchewan.
LA SAGESSE DES INDIENS
Une "religion naturelle" : le chamanisme
Les Indiens croient toujours qu'une partie de l'"énergie
spirituelle" de l'univers, - wakan en sioux, manitou en
algonquin - habite dans chaque "objet", dans chaque"être". Les "êtres
et les choses" de l'univers sont classés en deux grandes catégories :
animée et inanimée. En adressant leurs prières aux Vents, à la Lune, au
Soleil, aux Bisons, les Indiens s'adressent en fait aux représentations
principales du Grand Esprit ou à des Esprits subalternes qui contrôlent
les"Nations" animales, végétales et minérales.
Les prières et le calumet
Communément appelé "pipe sacrée", une pipe à long tuyau
sculpté et/ou orné de plumes, de perlages et de cuir et crins de cheval,
de cervidés et de porcs-épics, le calumet représente la synthèse de la
doctrine religieuse des Amérindiens, il est l'instrument rituel sur lequel
s'appuie leur vie spirituelle et sociale. Le rite du calumet est une prière
qui engage les participants à respecter l'univers, tout particulièrement
la Terre Mère. Le symbolisme du calumet vise à attirer l'attention des
Esprits sur les Humains engagés dans cet acte religieux. La fumée du tabac
- essence divine - se répand de la pipe dans la poitrine des fumeurs puis
dans tout l'univers jusqu'au Grand Esprit, réaffirmant l'interdépendance
de tous et obligeant chacun des participants à tenir le serment sacré
qui les lie au Grand Esprit. Un autre important symbole était rattaché
à la pipe sacrée, l'aigle, prédateur ailé majestueux qui vole le plus
haut, souvent considéré à ce titre comme étant un messager privilégié
du Grand Esprit.
La sweatlodge
Rituel important de la religion des Indiens d’Amérique
du Nord, la sweatlodge, ou bain de vapeur, se pratique toujours.
En "faisant une sweatlodge", les Indiens pensent qu'ils participent
à la "respiration de l'univers", à la création et au renouveau de la vie,
du monde. Dans la tente conique, des pierres brûlantes sont déposées dans
le foyer central autour duquel les participants sont assis sur un lit
de brindilles d'armoise. De l'eau - dans laquelle a parfois macéré des
plantes médicinales - est ensuite versée sur les pierres produisant un
grand surgissement de vapeur de pouvoir. Les participants, purifiés, quittent
le rituel en se sentant mieux, physiquement et mentalement. La sweatlodge
permet de "se nettoyer en profondeur", de se guérir parfois ; c'est
un moment propice aux prières, aux rencontres avec les Esprits. Le rituel
de la sweatlodge connait un très grand renouveau car il permet aux Indiens
d'affirmer leurs différences culturelles et parce qu'il est porteur d'espoir,
de guérison physique et morale par des moyens autochtones simples aux
vertus revivifiantes établies dans de nombreuses cultures tant indiennes
qu'euro-américaines.
La Danse du Soleil
La Danse du Soleil avait lieu une fois par an, souvent
à la fin du printemps et au début de l'été, aux alentours du solstice.
Les "danseurs du Soleil" (Sundancers), qui occupaient une position centrale
dans le déroulement du rituel, avaient fait voeu, pendant une expédition
guerrière dont le succès paraissait incertain, d'accomplir cette cérémonie
en se soumettant à certaines pratiques d'auto-torture. Le rituel s'adressait
tout particulièrement à la divinité solaire conçue par les Indiens comme
étant un des avatars principaux du Grand Esprit. La grande majorité des
Danseurs du Soleil se contentaient de danser et prier en regardant le
soleil. Cette cérémonie, dont le caractère sérieux et solennel n'échappait
à personne, était aussi l'occasion de rencontres festives et joyeuses
entre les sous-tribus et les diverses communautés tribales qui vivaient
dispersées tout au long de l'année. Alors se nouaient des possibilités
d'alliances et de mariages.
Ce grand rituel annuel connaît un renouveau spectaculaire
chez les Indiens des Plaines, malgré, ou peut-être à cause des pratiques
d'auto-torture qui le caractérisent. Par exemple, depuis les années 1985,
chaque communauté sioux traditionaliste veut avoir sa Danse du Soleil.
Environ une centaine de danseurs du Soleil sioux subissent le sacrifice
du "piercing" par les broches ; des hommes et des femmes traînent
des crânes de bisons suspendues à la peau de dos par des broches et des
lanières de cuir.
Le give-away et la "parenté cosmique"
Les croyances et les pratiques de type chamanique impliquent
que des processus de passage entre le Monde des Etres Humains et celui
des Etres Surnaturels restent possibles aux spécialistes, les chamanes
(holy men) et les visionnaires (les "rêveurs"), la personne humaine
étant conçue comme possédant certaines qualités en rapport direct avec
la "substance spirituelle de l'univers" (le wakan des Sioux, le
manitou des Algonquins, etc...). La croyance entre une parenté
cosmique entre tout ce qui forme l'univers implique que l'alliance entre
les êtres surnaturels et les êtres humains soit périodiquement renouvelée
pour maintenir en équilibre harmonieux "toutes les choses de l'univers"."
Aujourd'hui, les rituels pour établir des contacts directs
entre les Humains et les êtres surnaturels sont les rituels collectifs :
sweatlodge, Danse du Soleil, cérémonies de guérison... Le mode
de vie quotidien fortement euro-américanisé des Indiens contemporains
les rend moins aptes à accepter et à se soumettre à une ascèse individuelle
accomplie autrefois dans un isolement complet par leurs ancêtres. Il est
plus sécurisant, plus facile de se laisser emporter dans une atmosphère
d'auto-suggestion collective. Si les mythes et les rituels se sont transformés
et appauvris quelque peu, ils ont perduré et leur richesse symbolique
est comparable à celle du siècle dernier.
Les participants à ces rituels chamaniques, en particulier
la Danse du Soleil et la sweatlodge qui attirent de nombreux Indiens
des villes, essayent avant tout d'obtenir une satisfaction personnelle
et émotionnelle immédiate. Participer ensemble à la Danse du Soleil permet
aux jeunes des Réserves et aux Indiens des villes, de s'affirmer en tant
qu'Indiens et donc de combattre la dépression anomique qui les atteint
très souvent. Cette participation leur permet de s'intégrer à des degrés
divers, en fonction de leur personnalité, aux cultures tribales et locales,
à la "culture intertribale pan-indienne" qui se crée en ce siècle, et,
par contre coup, elle leur permet de mieux comprendre la société euro-américaine
qui les entoure et de mieux y vivre, en réaffirmant d'une manière moderne,
la "parenté cosmique entre tous les humains et les choses de l'univers"
: mitakuye oyasin.
LES INDIENS DES PLAINES DU 20e SIECLE
Les Indiens de l'Amérique du Nord ont pour principal
souci la préservation de leurs identités culturelles. Depuis une vingtaine
d'années, on observe dans les Réserves une revivification des coutumes
traditionnelles et tout particulièrement de celles de type chamanique.
Ce renouveau est la réponse la plus "indienne" aux échecs successifs des
politiques d'assimilation pratiquées par les différents gouvernements
américains.
Les
Indiens des Réserves et des villes, dans leur grande
majorité, souffrent d'un grave problème d'identité
en général et d'identité culturelle en
particulier. Le mode de vie des autochtones américains est
encore de nos jours trop déprécié par les non
Indiens. Les Indiens se sentent toujours rejetés par la
société euro-américaine, et ne sont pas pour
autant satisfaits des possibilités de vie offertes par leurs
communautés d'origine. Dans les Réserves, derrière
la quasi totalité des cas de mort violente (suicides, accidents
de voiture, bagarres...) on trouve l'alcoolisme et les drogues.
Drogues, alcoolisme et délinquance sont autant de
réponses désespérées à cet
état de sévère dépression chronique
anomique qui semble être la caractéristique de
malheureusement trop d'Indiens contemporains.
EDUCATION DANS LES RESERVES
L’éducation dans les Réserves indiennes a d’abord été
confiée aux missionnaires des diverses confessions chrétiennes. Il reste
encore quelques écoles et lycées religieux dans les Réserves. Mais la
grande majorité des Indiens va dans les écoles, lycées et collèges dirigés
par le Bureau des Affaires Indiennes ou B.I.A. qui dépend du Ministère
de l’Intérieur du Gouvernement fédéral des Etats-Unis.
Pendant
longtemps, l’éducation offerte aux Indiens des
Réserves a été un échec pour plusieurs
raisons. Jusqu’à une quinzaine d’années, les
Indiens n’avaient aucun rôle à jouer dans
l’administration de ces écoles. De nombreux enseignants
étaient des Blancs des environs, qui avaient envers les Indiens
une certaine attitude paternaliste, ce dont les jeunes Indiens
étaient très conscients. Dans son ensemble, le personnel
du Bureau des Affaires Indiennes ne s’intéressait
guère aux Indiens. Les enseignants niaient
l’originalité de leur culture ou l’ignoraient
même et donc ne voulaient pas faire de différence entre
élèves indiens et élèves blancs. Ils se
refusaient à voir l’évidence alors qu’une
bonne moitié de leurs élèves sioux ne parlent que
le sioux quand ils arrivent à l’école primaire. Le
B.I.A. s’entêtait jusqu’à ces dernières
années à enseigner la langue anglaise comme une langue
maternelle alors qu’il aurait fallu l’enseigner comme une
langue étrangère. Le B.I.A. s’obstinait à
enseigner des sujets dont les Indiens n’avaient que faire :
tel Shakespeare dans la langue du 16e siècle. Il n’y avait
aucun cours se rapportant à l’élevage ou à
l’agriculture, alors que beaucoup de jeunes sioux ne rêvent
que de devenir des cowboys et des champions de rodéo. Par
ailleurs, les livres scolaires donnaient une image négative des
Indiens : "des sauvages sanguinaires"...
Cet état de choses s’est amélioré depuis une quinzaine
d’années, et on enseigne maintenant la langue, l’histoire et la culture
indiennes dans les écoles du B.I.A. Le succès de ces cours montrent que
les Indiens se sentent concernés par l’éducation pour peu que les disciplines
enseignées les intéressent en les touchant psychologiquement ou en ayant
un intérêt immédiat et pratique en rapport avec l’existence qu’ils entendent
mener dans la Réserve. Depuis quelques années, une dizaine des collèges
universitaires ont vu le jour dans les Réserves sioux du South Dakota.
Dans des conditions financières et matérielles difficiles, ces petites
universités s’efforcent d’offrir aux étudiants indiens un cursus le plus
complet possible. Beaucoup d’étudiants sont des adultes qui s’engagent
tardivement dans des études pour améliorer leur condition de vie mais
aussi pour servir leur peuple.
Le rodeo, sport favori des Indiens
Les Indiens ont toujours aimé les sports collectifs
et les jeux de hasard. Les sports collectifs ( jeux de balle, courses
à pieds, à cheval...) faisaient partie de l'entraînement des guerriers
et des chasseurs, les femmes y participaient. Les Indiens des Plaines
contemporains se passionnent tout particulièrement pour le basket-ball
et la course à pied. D'ailleurs, un Indien Sioux Oglala, Billy Mills,
a été le premier américain à gagner la médaille d'or pour le 10 000
mètres aux Jeux Olympiques de 1964.
Cependant, le sport le plus important dans les Réserves
est le rodéo. Des centaines ont lieu tous les étés, du plus modeste au
niveau des communautés locales au grand rodéo annuel organisé par chaque
réserve en même temps que le powwow. Les champions indiens participent
aux rodéos des Blancs, tels ceux du Calgary Stampede en Alberta
ou du Pendleton Roundup de l'Oregon.
Le renouveau de certaines des pratiques traditionnelles
et du chamanisme, en faisant participer à différents niveaux, selon leur
personnalité et leur volonté, les Indiens concernés, vise à restructurer
l'ordre dans les sociétés indiennes, ainsi que "l'Ordre du Monde". Il
faut, ainsi que l'expliquent les chamanes sioux, "que chacun se sente
en rapport direct avec tous les bipèdes, les quadrupèdes, les êtres ailés,
les végétaux et les êtres surnaturels".
POWWOWS : fêtes, danses et musiques traditionnelles
La musique et la danse
La musique et les danses ont été deux des aspects les
plus importants du mode de vie des Amérindiens, puisqu'elles combinent
des aspects ludiques, religieux et politiques. Les Indiens des Plaines
avaient un chant pour chaque événement, chaque moment de la vie quotidienne.
La
musique des Indiens des Plaines est dite de style "Plaines - Pueblos"
parce qu'elle a de nombreux points communs avec celle des Indiens des
Etats du New Mexico et de l'Arizona. Les chants sont
caractérisés par les voix haut perchées des
chanteurs masculins, tout particulièrement dans les Plaines du
Nord, les femmes chantant une octave au-dessus. Le soi-disant "cri de
guerre" entendu dans de nombreux "westerns" n'est en fait chez les
Indiens des Plaines qu'un trémolo aigu et lancinant produit par
les femmes pour honorer un parent. La musique des Plaines est
organisée selon une échelle pentatonique, comme les
musiques chinoises et japonaises, une échelle descendante,
commençant par la plus haute note du chant pour cascader
jusqu'à la plus basse. Certains chants comportent des paroles
(chants d'honneur, de guerre, chants religieux, d'amour...) d'autres ne
sont que des vocalises. Les paroles des chants religieux sont
considérées comme étant le plus souvent immuables
et doivent être transmises telles quelles, de
génération en génération, alors que
d'autres chants sont réaménagés chaque
année ou selon l'inspiration des chanteurs. La plupart des
chants n'ont pas de titre : ils sont simplement qualifiés
de "chant de guérison", de "chant de guerre", etc...(cf.
Densmore).
La plupart des chants sont chantés par des petits groupes
de chanteurs qui s'accompagnent au tambour, plus rarement par un ensemble
de tambourins tenus à la main. Lorsque les chants s'accompagnent de danses,
les grelots et les hochets des danseurs scandent le rythme envoûtant tandis
que les sifflets et les flûtes l'enrichissent de leurs sons d'oiseaux
plaintifs, stridents ou enjôleurs.
Les Indiens des Plaines contemporains, tout particulièrement
les Crees et les Sioux du Canada, créent chaque année des centaines de
nouveaux chants que tous les Indiens s'empressent d'enregistrer avec leurs
magnétophones portatifs. La vente de disques et de cassettes musicales
de chants traditionnels amérindiens connait une développement en expansion
dans l'Ouest américain.
Danses indiennes traditionnelles
Des centaines de powwows (terme algonquin) ont
lieu chaque année dans les réserves des Indiens des Plaines. La danse
la plus populaire reste depuis la fin du siècle dernier, la "danse de
l'herbe" (grass dance), originairement créée par les Pawnees et diffusées
par les Omahas et les Sioux. Les mouvements des épaules et de la tête
sont très importants, les hommes doivent littéralement faire danser les
plumes de leur costume. Les femmes les accompagnent en un sorte de sautillement
latéral ou sur place. Les "danses de l'herbe" connaissent de nombreuses
variantes dont les danses dites de guerre (war dances) qui n'ont cependant
rien à faire avec la guerre. Les versions des "danses de guerre" des Indiens
de l'Oklahoma ont un jeu de pieds et de jambes très rapide et très élaboré.
Les danses de guerre dites "old-time" suivent un rythme plus lent et sont
les favorites des hommes traditionalistes et âgés. Les danses de guerre
"Northern style" sont très rapides, acrobatiques, les danseurs agitant
par des secousses frénétiques les longues franges de leur costume en suivant
le rythme du tambour.
Les Indiens parcourent de grandes distances pour assister
aux powwows, dont les plus importants prennent place dans les capitales
des réserves et comprennent des centaines de danseurs; ils sont ponctués
de concours de danse dont les premiers prix atteignent des sommes importantes.
ART ET ARTISANAT TRADITIONNELS ET CONTEMPORAINS
La production indienne, artistique ou seulement artisanale,
est de plus en plus demandée. Une certaine contradiction existe :
autrefois, les oeuvres d’art traditionnelles étaient destinées à la communauté
tribale, or, les oeuvres des artistes indiens contemporains s’adressent,
quasi exclusivement, au contraire au marché euro-américain et occidental.
Les premières contribuaient à former une cohésion sociale dans le groupe
qui l’ exprimait par l’intermédiaire de l’artiste ; elles permettaient
aussi à ceux-ci d’en tirer personnellement quelque profit et prestige,
en dehors d’un consensus social. Le personnage de l’artiste que les jeunes
indiens adoptent aujourd’hui est en grande partie calqué sur un modèle
occidental, fort éloigné du rôle attribué à l’artiste de la tradition
au sein de sa tribu.
Dans les sociétés traditionnelles, le domaine esthétique
ne se dissociait pas des caractères fonctionnels ni des valeurs spirituelles.
Un objet est "beau" s’il est efficace, s’il renvoie au mythe et au rituel.
Ce qui est "beau" est "puissant", "rempli de force", "mystérieux", "étonnant",
"sacré"...
C’est le but poursuivi par les artistes traditionnels :
produire des oeuvres "remplies de pouvoir", chargées des "énergies sacrées"
qui lient entre eux les membres et la communauté, et les rattachent à
une parenté cosmique avec les autres créatures et les choses de l’univers.
Les vêtements traditionnels des Indiens, pour les danses
et les rituels, habillent le corps pour le protéger mais aussi pour affirmer
cette parenté cosmique et l’harmonie du monde. On trouve un symbolisme
similaire dans les paniers d’osier et les poteries des Indiens du Sud-ouest,
Hopis, Zunis, Taos... ; dans les couvertures multicolores des Navahos
et dans leurs dessins éphémères sur sable ; dans les broderies de
perles ou de piquants de porc-épic des Indiens des Plaines ; dans
l’architecture et les sculptures en bois des Kwakiutls de la Colombie
britannique (mâts dits totémiques, masques, statues).
La production artistique traditionnelle n’est pas faite
uniquement pour être contemplée, mais pour être reçue et vécue dans la
vie concrète, pour être partagée avec les Autres.
David CLAYMORE, né en Novembre 1965, est un Indien sang-mêlé
Sioux Lakota qui vit à Rapid City dans l’Etat du Sud Dakota. C’est un
descendant de Gall ou Pizi en sioux lakota, un des chefs de guerre sioux
qui participa à la victoire contre le général Custer. "Je suis fier",
dit-il, "d’utiliser le portrait du chef Gall sur ma carte de visite, ainsi
que l’Aigle Bleu, mon nom spirituel."
Devenu orfèvre en 1984, il s’inspire de plus en plus
du style de vie de son peuple. Il utilise de manière extensive le symbole
traditionnel sioux de la "Roue de la Médecine" qu’il a esthétiquement
simplifié pour le graver dans le métal (or et argent) et la pierre.
Sa devise "Hoye waye - I’m sending a voice" ("j'envoie
une voix") se veut être la continuité du rêve de ses
ancêtres : l’entraide des familles malgré la
nécessité contemporaine d’aller à
l’école, à l’université,
d’être ensuite sur le marché du travail pour gagner
sa vie dans un environnement culturel et social qui ne fait pas de
cadeau aux minorités.
David est aussi danseur du Black Hills Lakota Performing
Arts Group qu’il a co-fondé en 1984 dans le but d’établir un pont
entre Indiens et non Indiens, de diffuser les cultures indiennes et d’agir
pour éliminer les stéréotypes négatifs dont les Indiens sont victimes.
Tom HEIDEBRINK - RED BEAR est d’origine sioux lakota
oglala. Son nom légal est Heidebrink, adopté alors qu’il était enfant ;
il a l’intention de ne retenir que le nom de ses arrière-grands-parents
RED BEAR pour que l’on comprenne immédiatement pourquoi ses oeuvres sculptées
s’inspirent des traditions et du style de vie de ses ancêtres indiens.
Tom a fait ses études à l’University of Colorado
à Boulder, à l’Institute of American Indian Arts à Santa Fe au
Nouveau Mexique, et au Californian College of Arts and Crafts à
Oakland en Californie.
Tom Heidebrink Red Bear est sculpteur sur pierre depuis
1985. Il s’inspire de la vie sauvage (faune et flore) pour travailler
ses sculptures et des Indiens des Plaines qu’il représente en compagnie
d’animaux. Ces dernières années, ses sculptures ont été exposées dans
de nombreuses galeries (à Washington, D.C. ; au Institute of
American Indian Arts and Museum à Santa Fe ; Pueblo Indian
Cultural Center à Albuquerque, N.M. ; à Durango, Col., etc.)
Melvin (né en août 1956) et Sandi MINER (en juillet
1962) de descendance sioux minnecojou, se sont engagés, depuis 1981, année
de leur mariage, dans la préservation de leur héritage culturel. Tous
deux ont appris les techniques artistiques des artisanats typiques de
leur culture auprès de leurs familles et d’amis, en s’inspirant d’objets
traditionnels sioux et des Plaines.
Melvin, qui a fait plusieurs fois la Danse du Soleil,
a commencé par sculpter la catlinite, la pierre rouge pour faire des calumets ;
puis, il s’est lancé dans le travail des peaux de bison et de daim. Ces
matériaux, qui furent à la base de la vie quotidienne du peuple lakota
(nourriture, habillement, abris, armes, symboles de force spirituelle)
ont donné sens et force à son travail et à sa vie.
Sandi a commencé, en 1981, par confectionner des objets
à base de perles. Son profond désir est que les femmes indiennes d’aujourd’hui
préservent et transmettent aux générations futures leur héritage culturel.
Melvin et Sandi Miner sont également membres actifs
du Black Hills Lakota Arts Group, qui a pour but de sillonner les
Etats-Unis et faire connaître les chants, danses et artisanats des Indiens
des Plaines.
LE FUTUR DES INDIENS
RENOUVEAU ET SAGESSE TRADITIONNELLE
Depuis la "rencontre en 1492", les Indiens sont périodiquement
à la mode. Cette tendance se développe à nouveau quelque peu depuis quelques
années. Mais cette fois, le mouvement vient en grande partie des Indiens
eux-mêmes. Marginalisés depuis trop longtemps sur leur propre terre, ils
ont décidé depuis une vingtaine d’années de relever la tête. Car les Indiens
sont toujours là et revendiquent leurs origines et leurs cultures.
Des ouvrages récents d’ écrivains et anthropologues,
rapportant des entretiens, des prophéties de spécialistes autochtones
du sacré, des autobiographies et plus tard dans des livres, romans et
poèmes écrits par les Indiens eux-mêmes, mettent en lumière une vision
commune du monde qui est puisée dans la seule tradition indigène, les
sources les plus anciennes du début des contacts le confirment.
Ces discours sur "l’indianité nord-américaine" expriment
comment les Indiens se ressentent ; et on peut constater qu’ils les
dépeignent non en tant que victimes, mais en tant qu’eux-mêmes. Et derrière
la misère, l’alcoolisme, la délinquance et leur mal d’être, s’affirment
toujours les valeurs essentielles des cultures amérindiennes : leur
volonté de rencontre, de partager les connaissances et les savoirs des
groupes culturels qui les entourent.
Au delà des règlements de compte et des demandes de
réparations, les Indiens ont quelque chose à nous enseigner : leur
simple survie devrait être pour nous une leçon. Ils ont survécu sans doute
parce que les gouvernements euro-américains ont créé pour eux des territoires
qui leur sont réservés avec des systèmes juridiques et politiques particuliers,
mais surtout parce qu’ils ont su préserver les valeurs les plus généreuses
de leurs cultures.
Un Indien n’est jamais seul. Il se doit de partager
avec les autres, les membres de sa communauté comme les visiteurs, car
les Indiens se perçoivent comme étant inclus dans des relations de parenté
et d’alliance avec toutes les créatures et choses de l’univers. Les Sioux
Lakotas disent à la fin de tous rituel et cérémonie :
"MITAKUYE OYASIN" = "Nous sommes tous parents".
A cause de cette ouverture vers les autres, que les
Indiens ont toujours manifestée depuis le début des contacts, même les
plus féroces, avec les Occidentaux, les Indiens sont des peuples agiles
et adaptables. Peuples réalistes, sachant reconnaître les"bons jours pour
mourir" ( le "credo des guerriers"), ils ont toujours regardé l’avenir,
dans leur vie quotidienne comme dans les rêves et visions de leurs leaders
visionnaires et de leurs chamanes.
Les danseurs indiens lorsqu’ils tournent en cercle autour
de l’Arbre du Monde ou les"Hoop Dancers" "les danseurs avec les cerceaux"
affirment toujours ce que disait Black Elk - Hehaka Sapa ("Wapiti Noir"),
le grand chamane et visionnaire des Sioux Lakotas :
"... le cercle sacré de mon peuple est l’un des
nombreux cercles qui font un seul cercle, vaste comme la lumière du jour
et la lumière des étoiles, et au centre du cercle croit un puissant arbre
en fleurs qui abrite tous les enfants d’une seule mère et d’un seul père.
Et j’ai vu que cela était sacré."
ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES
CATLIN George
1965 : Letters and notes on the North American Indians. Minneapolis :
Ross & Haines, Inc.
FARB Peter
1972 : Les Indiens. Essai sur l’évolution des Sociétés humaines.
(1968) Paris : Seuil, 354 p.
GRINNEL, George Bird
1965 : The Cheyenne Indians. (1923) 2 vols. New York : Cooper
Square Pub.
LOWIE, Robert
1935 : The Crow Indians. New York : Farrar & Rinehart,
Inc.
1963 : Indians of the Plains. (1954) Garden City, New York :
American Museum Science Books Edition, 259 p.
POWERS, William
1973 : Indians of the Northern Plains. New York : Capricorn
Books. 256 p.
TURNER G
1985 : Les Indiens d’Amérique du Nord. (1979) Paris : Armand
Colin, 264 p.
VAZEILLES, Danièle
1977 : Le cercle et le calumet. Toulouse : Privat, 200 p.
1978 : "Développement social et économique des Indiens Sioux Lakota".
Actes du XIIe Congrès international des Américanistes, Paris :
2-9 septembre 1976, Paris : Musée de l'Homme, vol.5, : 290-301.
1982 : "Quelques aspects du chamanisme des Indiens Sioux Lakotas". L'Ethnographie :
Voyages chamaniques 1, T.LXXVIII, n° 87/88, : 113-130.
1982 : "Histoire et développement des réserves sioux ": 16-20.
Les Indiens d’Amérique du Nord. Problèmes Politiques et Sociaux. La
Documentation Françaises, 8 octobre, Ne 448, 40 p.
1985 : "Oiseau-Tonnerre et Femme Bisonne Blanche&". Bulletin de la
Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze, Tulle, Tome LXXXVIII, :
166-173.
1985 : "Chamanes et guérisseurs sioux : parenté et harmonie cosmique".
Anthropologie et Ethnologie françaises : Le corps humain :
Nature, Culture, Surnaturel. 110e Congrès national des Sociétés savantes,
Montpellier, : 345-364.
1986 : "Communication avec les Esprits et identité culturelle". La
communication, Revue Languedocienne de Sociologie, Ethnologie n° 1, :
47-59.
1989 : "Formes de l'identité et de l'autonomie culturelle : le cas
des Indiens Sioux Lakotas". Actes du Colloque : Anthropologie
sociale et Ethnologie de la France, Paris 1988 - Cahiers de l'Institut
de Linguistique de Louvain, : 643-653.
1990 : 13 notices sur les principes philosophiques des Indiens Sioux,
in Les Notions philosophiques, vol. dirigé par Sylvain Auroux, vol.
2 de l'Encyclopédie Philosophique Universelle, direction André
Jacob, Paris : PUF.
1990 : Comptes rendus d’ouvrages sur les traditions, les mythes et la
philosophie des Indiens Sioux (30 p. multigr.), in Les oeuvres philosophiques,
vol. dirigé par Jean-François Mattéï et Jean Poirier, vol. 3 de l’Encyclopédie
Philosophique Universelle, Paris : PUF.
1991 : "Sitting Bull, guerrier et mystique" : 51-64 (en coll.) ;
"Rêves sioux" : 153-162 ; "La Danse du Soleil" : 163-173,
in Revue Autrement : Terre indienne. Un peuple écrasé, une culture
retrouvée. Série Monde - H.S. - Mai.
*
Cet article a été rédigé à partir d’un article sur les Indiens des Plaines
de D. Vazeilles et d’un dossier préparé par des étudiants en licence
d’Ethnologie, "u.v. G4J " 1991-1992, et a été en partie reproduit sur
les panneaux de l’exposition de documents photographiques
Cliquez sur l'image pour tout savoir sur les Indiens d'Amériques